Le changement des habitudes alimentaires des Français

Les scandales alimentaires se multiplient ces dernières années sans que les choses évoluent vraiment en faveur du consommateur.  Le dernier en date concerne les œufs contaminés au fipronil. Les autorités, se voulant rassurantes, nous assurent qu'il n'y a aucune conséquence sur la santé humaine mais malgré cela les consommateurs sont méfiants. Aucune information n'est publiée sur le site du ministère des solidarités et de la santé alors que les gens souhaitent être informés pour adapter leur consommation en fonction des informations fournies. Les consommateurs attendent de connaître les marques concernées par les différents scandales pour modifier parfois leurs habitudes alimentaires, mais d'autres préfèrent prendre les devants.

Les solutions adoptées par les consommateurs pour protéger leur santé

Tout d'abord, il est nécessaire de constater que la consommation française a été bouleversée ces dernières années. Jusqu'aux années 2000, les consommateurs recherchaient des produits bon marché sans s'inquiéter véritablement de la provenance et de la qualité des produits consommés. Le consommateur n'avait pas conscience des conséquences de l'alimentation sur sa santé.

Aujourd'hui, nous sommes dans une nouvelle ère de consommation. L'agriculture biologique continue sa forte croissance en 2016 en France. Depuis quatre ans, cette progression est de l'ordre de 9% par an, ce qui prouve que les consommateurs souhaitent manger des produits sains dans le respect de la terre et du producteur. Les clients sont prêts à payer un peu plus chers leurs produits alimentaires s'ils ont l'assurance qu'ils ne contiennent pas de pesticides ou de perturbateurs endocriniens. Les agriculteurs qui s'engagent dans une production biologique retrouvent le goût de leur métier et paradoxalement ils gagnent mieux leur vie alors qu'ils vendent moins. 

Étonnamment, tout le territoire français n'est pas engagé de la même façon dans une production biologique. Quatre régions sont précurseuses dans ce domaine : l’Occitanie, l'Auvergne, l’Aquitaine et le Pays de la Loire. Les paysans bio sont très actifs dans un circuit court de consommation, c'est-à-dire en limitant au maximum les intermédiaires. À Nice, par exemple, des producteurs locaux se regroupent et proposent aux citadins des paniers bio à récupérer dans des points relais aux quatre coins de la ville pour une vingtaine d'euros. Le panier est composé de fruits et légumes de saison et il est toujours accompagné d'une petite recette permettant de cuisiner des légumes parfois inconnus. Les producteurs renouvellent leur offre en permanence et proposent ces paniers toujours différents par le biais de SMS ou de courrier électronique, libre à chacun de consommer alors les produits proposés au moment où ils sont disponibles.

Les consommateurs se lancent de plus en plus dans le « fait maison »

La consommation des Français s'accompagne d'un bouleversement dans les habitudes alimentaires. Il y a encore une dizaine d'années, les ménages achetaient des plats cuisinés pour gagner du temps. Désormais, l'achat de robots et de petits appareils électroménagers permet de cuisiner rapidement à moindre coût. Une mère de famille active peut maintenant prévoir une alimentation saine pour toute la famille. Les robots de cuisine permettent de prévoir les courses à réaliser pour élaborer un plat sélectionné et la liste des courses se télécharge directement sur le smartphone. En outre, on peut anticiper l'élaboration de plats le week-end et les conserver dans des bocaux en verre pour les consommer en semaine. La vente de sorbetière, cet été, a été multipliée par quatre notamment dans la région Provence Alpes côte d'Azur, alors que dans les Hauts de France c'est la crêpière qui s'est vendue en quantité remarquable. Le congélateur facilite aussi nos changements de consommation. Il est ainsi plus aisé de conserver et de sortir, un soir de grande fatigue, un plat déjà cuisiné par ses soins quelque temps auparavant. 

En cuisinant soi-même, on s'aperçoit qu'on retrouve le goût de manger et les saveurs des produits. On cuisine les produits bruts à moindre coût. Par exemple, pour faire de la confiture, il suffit de trouver des produits de saisons très murs (donc pas forcément très beaux ni très chers), du sucre et un pot de confiture en verre pour assurer une conservation irréprochable. Le prix de revient d'un bocal doit être aux alentours d'un ou deux euros en fonction des fruits acquis. On peut donc mieux manger à moindre coût, tout en consommant un produit ayant de meilleures propriétés nutritives et gustatives, sans forcément y passer tout son temps.

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