Le sport, bientôt remboursé par la sécurité sociale ?

C’est officiel depuis le 1er mars : le sport peut désormais être prescrit par un médecin traitant pour les personnes souffrant d’une maladie chronique. Si le remboursement par la Sécurité Sociale n’est pas encore d’actualité, c’est sans doute la prochaine étape. D’ici là, on peut compter sur les mutuelles pour s’adapter et prendre le relais.

Le sport sur ordonnance

Depuis le 1er mars, les médecins traitants peuvent prescrire une pratique sportive sur ordonnance. En fait d’ordonnance, c’est un formulaire spécifique qu’ils ont à remplir. Cette mesure est pour l’instant réservée aux personnes souffrant d’une ALD (affection longue durée), afin d’alléger un peu leur traitement, ainsi que le poids de la maladie. S’il est de notoriété publique que la pratique régulière d’une activité physique est bénéfique pour le corps et l’esprit, dans le cas de certaines pathologies, le sport est même officiellement reconnu comme traitement thérapeutique non médicamenteux et permet de soulager les douleurs et la fatigue.

L’activité physique pour lutter contre une ALD

Dans la liste des affections longue durée, on trouve notamment le cancer, la sclérose en plaque, l’AVC, la maladie de Parkinson, le diabète de type 1 et de type 2, ou encore la mucoviscidose. Pour l’instant, seules les personnes atteintes d’une ALD peuvent se faire prescrire du sport par leur médecin, qui les dirigera vers un spécialiste comme un kiné, un ergothérapeute, un psychomotricien ou un éducateur spécialisé en sport et santé. Ils pourront ainsi bénéficier d’un accompagnement, de conseils personnalisés et d’un suivi en fonction de leur pathologie et de leur état de santé. Le décret précise : “ Avec l’accord des patients, l’intervenant transmet périodiquement un compte rendu sur le déroulement de l’activité physique adaptée au médecin prescripteur”.

Des bienfaits notables, et même salvateurs

Le sport a des effets positifs dans le traitement de plusieurs pathologies. Il permet de prévenir les problèmes de santé, mais constitue également un allié de taille dans le traitement et la guérison de certaines maladies. C’est pour ça qu’il est, depuis 2011, reconnu par la Haute Autorité de santé comme activité « thérapeutique non médicamenteuse validée » pour le traitement du cancer. C’est ce que confirme le témoignage d’Olivier Guillaume, 43 ans, qui a vaincu son cancer de la gorge il y a près de trois ans en pratiquant assidûment un sport en parallèle de sa chimiothérapie.

Le remboursement, c’est pour bientôt ?

Un éventuel remboursement par la sécurité sociale n’est pas à l’ordre du jour mais, si on en croit les professionnels de santé qui suivent cette avancée de près, ce n’est pas exclu, et ça semble même inévitable. “Si l’on veut que cela fonctionne, il faut un système organisé et financé », explique le docteur Alexandre Feltz, adjoint à la santé à la mairie à l’origine du sport sur ordonnance à Strasbourg. De même, selon Stéphanie Ranque, praticienne hospitalière au centre antidouleur de la Timone, à Marseille, cette loi constitue “une première pierre à polir”. En attendant, il existe des programmes gratuits mis en place dans certains hôpitaux, ainsi que des complémentaires visionnaires qui proposent d’ores et déjà le remboursement partiel des dépenses liées à la pratique d’une activité physique. Et vous, qu’en est-il de votre mutuelle ?

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