Médecins généralistes, la consultation sera bientôt facturée 25 euros

Le monde médical a été impacté par les mouvements de grève depuis la fin 2015 à cause de la loi Santé de Marisol Touraine. La situation ne semble pas être complètement débloquée au vu des déclarations des syndicats.

Des négociations houleuses avec l’Assurance maladie

Les premiers affrontements entre l’État et les médecins généralistes ont été rythmés par les désaccords au niveau du tiers payant. Depuis le début du mois de Juillet, la volonté de Marisol Touraine a été appliquée contrairement aux revendications de tous les acteurs du secteur. Cette généralisation n’était pas souhaitée à cause de plusieurs problèmes administratifs et un ajout de travail relativement conséquent. Cette fois, le mécontentement s’articule autour du prix de la consultation puisque les professionnels demandaient une augmentation depuis de longs mois.

Un passage en douceur accordé pour une visite à 25 euros

L’Assurance maladie a donné raison à tous les généralistes en accordant le passage de 23 à 25 euros, mais la situation est toujours aussi tumultueuse. En effet, les nouvelles règles fixées pour améliorer les relations ne sont pas à la hauteur des espérances. L’organisme veut que cette modification ne soit pas brutale, mais réalisée avec une certaine douceur. Par conséquent, la hausse du prix de la consultation ne sera pas effectuée avant 2018, selon le calendrier voulu par l’Assurance maladie. Elle aimerait que les patients payent un euro supplémentaire en 2017 puis en 2018. De ce fait, au bout de deux années, la consultation serait réellement à 25 euros, mais ce choix entraîne une vive altercation.

La Confédération des Syndicats Médicaux Français ne rejoint pas les pratiques de l’organisme, elle estime que cette pratique est même inacceptable. Toutefois, d’ici le 26 Août prochain, les deux acteurs devront signer ce nouveau règlement, mais, au vu des tensions, les faits ne sont pas encore validés.

La CSMF n’est pas d'accord avec cette décision

Dans la journée de jeudi, les syndicats avaient rendez-vous avec l’Assurance maladie pour des négociations autour de cette revalorisation. Le CSMF agacé par ce calendrier a décidé d’abroger les discussions en quittant la réunion. Le président de la Confédération n’a pas hésité à spécifier qu’ils étaient très « loin de pouvoir arriver à une signature conventionnelle ». Selon lui, le passage à 25 euros demandera encore deux années, alors qu’il est important de noter que la « valeur de consultation du généraliste est bloquée depuis le 1er Janvier 2011 ». Ce calendrier semble être motivé par les économies demandées par l’Assurance maladie, elle aimerait que 3 millions d’euros puissent être mis de côté.

Un secteur de la santé qui est moins attrayant

Les syndicats ont insisté sur le manque d’attrait de la médecine générale, l’installation est désormais tardive. Elle s’articule autour de 40 ans, alors que l’âge était beaucoup plus bas il y a quelques années. Le CSMF estime qu’il est primordial qu’une convention novatrice soit mise en place, car c’est l’ensemble de la filière qui est menacée. Il suffit de lire des médias spécialisés comme l’Observatoire de la Santé pour comprendre que le contexte n’est pas favorable. Les jeunes se tournent de moins en moins vers la médecine générale. Pour le syndicat, il n’est pas normal que les jeunes générations ne soient pas attirées par cette médecine libérale.

Difficile, désormais, de savoir si une entente sera réellement trouvée entre les deux organismes, mais ce n’est pas le seul tarif qui a été évoqué. Le généraliste pourra facturer une consultation pour les moins de 6 ans à 30 euros contre 46 euros pour celle décrite comme « complexe » et 60 euros pour une visite « très complexe ».

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