Barbie tue le féminisme, Mattel épinglé

Après « Barbie danseuse », « Barbie vétérinaire », « Barbie Princesse », […] « Barbie [Insérez ici votre métier sexiste », Mattel proposait de renverser la tendance en proposant un livre : « Barbie : je peux être une ingénieure informatique ». A l’origine, l’idée est fantastique, oui, notre blonde difforme peut être intelligente. Mais, voilà, entre l’idée et la réalisation, de nombreux couacs bien sexistes sont à déplorer. Résultat ? Mattel est contraint de le retirer de la vente. Pourquoi ?

Parce que Barbie peut être informaticienne, mais avec l’aide d’un homme

Dans le livre proposé par Mattel, Barbie décide de coder un jeu vidéo. C’est fantastique, elle s’émancipe, fait du travail souvent associé aux hommes, prend son envol… Non ? Ah, on me dit que non dans l’oreillette. En réalité, le livre est confondant de sexisme et de condescendance patriarcale. Nous sommes bien en présence d’une Barbie qui veut être informaticienne et qui veut coder, rassurez-vous. Seulement :

  • Elle ne sait pas coder
  • Elle demande donc l’aide de deux hommes pour faire le travail à sa place
  • A un laptop rose bonbon bien « fifille-Barbie »
  • Se prend un virus sur son pc et est obligée de demander de l’aide – encore – aux hommes
  • Présente le projet final réalisé par ces deux hommes, sous son propre nom
  •  

    Conclusion ? Barbie est une cruche, stupide, incapable, menteuse et voleuse. Eh oui, toi, aussi, apprends grâce à Mattel à faire faire le travail par l’homme providentiel et à t’attribuer tout le crédit. Le féminisme est en marche !

    Barbie l’ingénieur informatique blonde selon Mattel

    Et c’est là tout le drame. Parce que Barbie n’est pas en études. Non, elle est déjà « ingénieur en informatique ». Mais, dès qu’elle a un problème, zou ! Chez le Prince Charmant qui pourra l’aider. Fatalement, le livre a choqué de nombreuses associations ainsi que de nombreuses personnes douées de conscience.

    Heureusement, de nombreux internautes ont réagi avec humour, préférant faire des détournements permettant de rétablir une Barbie dans un VRAI rôle d’ingénieur informatique :


    Retire tes mains de ce câble, Steven. Tu vas tout faire foirer. Je vais m’en occuper.» dit Barbie)

    Ici, Casley Fiesler et sa colocataire, toutes deux étudiantes en informatique à Atlanta ont réécrit le livre, vous pouvez retrouver l’intégralité de l’oeuvre ici. Nous vous proposons un extrait :

    Barbie informatique

    Est-ce que les gens ont déjà pensé que vous n’étiez pas aussi compétente pour coder parce que vous êtes une femme? demande Barbie.
    — Parfois, admet Mme Smith. C’était frustrant parce que j’avais l’impression que je devais prouver ma valeur. Mais j’espère que les filles ne se laisseront pas arrêter par ça. Nous pouvons aussi être ingénieures-informaticiennes. Et c’est vraiment un bon début que vous ayez pris mon cours!
    — Si les filles commencent à faire des jeu vidéo, elles enlèveront tous les personnages de filles sexy, murmure Ken. Et ils seront tous sur les chiots ou la manière de se coiffer.
    — Ne fais pas l’idiot Ken, dit Barbie. Tu passes bien plus de temps à te coiffer que moi.
    Mme Smith se tourne vers Ken:
    «Et vu le dernier devoir que vous m’avez rendu, si vous commencez à créer des jeux vidéo, ils tourneront en boucle indéfiniment. Venez donc finir ce code pour calculer des factorielles.
    »)

    Résultat, Mattel présente ses excuses et fait quelques promesses

    Grande victoire, à la suite de ces nombreuses contributions, Mattel a retiré le livre des ventes et s’est même fendu d’un communiqué légèrement « pleutre » :

    « Nous pensons que les filles doivent être responsabilisées pour penser que tout est possible et croire qu’elles vivent dans un monde sans limites. Nous présentons nos excuses pour ce livre qui ne reflète pas ce point de vue. Tous les livres Barbie, à l’avenir, seront écrit pour inspirer l’imagination des petites filles et décrire une Barbie émancipée. »

    Pourquoi « pleutre » ? Parce qu’il faut croire que Mattel ne relit pas les livres qui portent sa marque, n’ont manifestement aucune conscience de ce qu’ils vendent, et qu’ils ne sont jamais responsables. Mais, un combat à la fois, voulez-vous ?

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