Nabilla et son « Allô, non mais Allô, quoi » !

[Chronique d’une Rédactrice en perdition, vol 2]

Année 2013. Une belle année, pleine de promesses. Les oiseaux chantaient, les lapins se reproduisaient, le taux de chômage explosait, et moi : j’avais réussi à oublier que Nabilla existait. Oh, certes, de temps en temps, j’avais encore ce relent de chanson « Nabi-Nabilla », mais, dans l’ensemble, mon âme souillée retrouvait peu à peu de son aura immaculée. Je ne regardais toujours pas les Anges de la Télé-Réalité, et pourtant, ils en étaient à leur cinquième édition. Les rares tentatives de corruption par cette invention du diable survenaient lors du zapping. Mais, là, encore, j’en riais, tant les morceaux étaient de premier choix.

A partir du moment où Nabilla fût au Zapping, ma vie changea

Malheureusement pour moi, je n’en avais pas encore conscience. Comment aurais-je pu -ne serait-ce qu’un instant- imaginer qu’en visionnant ce jour-là cet épisode du Zappig de Canal, ma vie, mon cerveau, mes mots, mon être entier et sacré ; seraient à jamais possédés par cet amas de plastique, de chaires hâlées et de monosyllabes ?

Tout le monde parlait du Buzz Nabilla

Et moi, non. Pourtant, comme des millions de Français, je fus prise en otage par cette citation devenue culte. Déjà dans les cours de récré, les petites filles aux bouches en cul de poule ajoutaient à leur panoplie de « poufs à cartables » ce « Allô ».
Mais, là encore, je n’y prêtais guère attention. Au bureau, la version grandeur-nature, la version adulte, les « poufs à attaché-cases », interrompaient inopinément mon café matinal par ce même « Allô ». Je commençais à baliser sec. Un virus ? Une épidémie ? Un lavage de cerveau ? Presque. Le buzz était lancé. Il finit par m’arriver en pleine poire, un soir, par une personne de mon entourage.

Au détour d’une conversation, le « Allô » , ce malheureux « Nan, mais Allô, quoi ». Ce putain de « Allô » entra dans va vie, fracassa tout sur son passage, renversa ma bibliothèque complète, alluma la Télé sur TF1, et installa une photo de Nabilla en lieu et place d’une icône du Christ que je n’avais pas. Il ne me restait plus qu’à prier, devant l’Autel du CSA, mais, trop tard. J’étais aussi sauvagement dépucelée que cette même Nabilla au Club Med.

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