Courrier Électoral : le faux débat de l’Assemblée

Le courrier électoral, qu’est-ce ? Ce sont les tracts papiers représentant les divers candidats à une élection. Le Gouvernement avait décidé de supprimer cet envoi, afin de lutter contre les déficits (projet de loi de finances), mais, les députés ont rétabli cette mesure à l’unanimité. Et, pendant que chacun se congratule d’avoir défendu la Démocratie (tousse), ce rétablissement va coûter à la France (et donc à vous et moi) 130 millions d’euros…

Était-il réellement anti-démocratique de dématérialiser le courrier électoral ?

Avant même d’aborder cette question, penchons-nous un instant sur la facture : Au 1er mars 2014, nous étions pas moins de 44.6 millions d’électeurs en France (source INSEE), dont, en 2013, 18 millions à être imposables. Un rapide calcul vous montrera qu’il y a donc environs 40% d’électeurs qui sont imposables, et pour ces électeurs, ces 18 millions (de 2013), la facture s’élève à 7.2 millions environs par tête de pipe.

Ca, c’était pour vous montrer (si mes calculs et mes sources sont exacts) ce que ça coûterait si seuls les foyers privés fiscaux ET imposables payaient. Maintenant, passons aux faits :

L’article prévoyait de dématérialiser les envois de propagande électorale. Officiellement, pour « mieux maîtriser les coûts liés à l’organisation des élections et garantir un meilleur impact environnemental. » Mais, voilà, lundi 4 novembre dernier (hier), les députés de l’Assemblée se sont violemment affrontés sur la question de la suppression de cette mesure. Il est intéressant de noter que, une fois n’est pas coutume, les bancs de l’hémicycle étaient incroyablement garnis. Nous sommes heureux de voir nos élus intéressés par une question !

Sans surprise, la plus forte opposition à cet article venait, précisément de l’opposition : Pour L’UMP, Jérôme Chartier a ironisé sur

« un moment important, où le gouvernement va être battu à l’unanimité de l’Assemblée » sur « une économie pas bienvenue ».

Côté Front de Gauche, on évoque carrément une mesure « contraire à la Constitution ».
Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) a, quant à lui déclaré que :

«Les services de l’Etat essaient régulièrement de faire avaler cette mauvaise pilule à tous les gouvernements.»

Même l’UDI s’y met par l’intermédiaire de François Sauvadet qui explique, dans un communiqué, que le Gouvernement cherchait à «organiser l’abstention pour minorer la force de la sanction des Français».

Des économies, oui, risquer de perdre sa place, non !

Assemblée NationaleEt ceci est l’instant politique-avis-personnel de la journée : Il est fortement amusant de noter que ces députés, habitués à hurler au scandale concernant la Dépense Publique, se soulèvent lorsqu’ils y voient un risque pour leur siège. Au lieu de parler d’économie ou de pertinence de cette économie, chacun y va de son commentaire sur le « grand complot visant à désinformer l’électeur ».

Si, effectivement, tous les foyers ne disposent pas encore d’un moyen de connexion, l’idée de réduire des dépenses inutiles en publicité politique a le mérite d’être creusée.

Mais, et ne nous y trompons pas, cette réaction de la part de l’Assemblée est aussi parlante que le vote de confiance accordé au Gouvernement : l’intérêt premier pour ceux qui sont là grâce à nous (ne l’oublions jamais), c’est essentiellement de savoir si leur place restera chaude sous leurs fesses encore un moment.

Partager >>