Audrey Pulvar face à un Bernard Tapie vindicatif (vidéo)

Beaucoup d’actualité autour d’Audrey Pulvar aujourd’hui : son interview musclée avec Bernard Tapie, son intervention à On N’est pas Couché (où elle « tacle » Montebourg, etc.), Bref, j’avais le choix en la matière. Personnellement, je me contrefous de ses histoires avec son ex, ce qui m’intéresse, c’est l’interview mal barrée de Bernard Tapie. Les faits, mon avis, vous savez comment je fonctionne. On y va ?

Audrey Pulvar et Bernard Tapie, « le clash », comme disent les médias

Les moins jeunes le savent : Bernard Tapie est loin de se complaire dans le politiquement correct et la maîtrise de soi. Ce qui fait la une, c’est un extrait en particulier où l’on voit, effectivement, un gros moment de tension entre Pulvar et Tapie. Pourquoi ? Pulvar aborde la question de l’affaire Adidas-Crédit Lyonnais, et là, c’est le drame. Tapie refuse de répondre à la question que la journaliste n’a pas eue le temps de poser et tape du poing sur la table.

Et là, toute la polémique, moi, me laisse de marbre. On note partout qu’Audrey Pulvar garde incroyablement son calme et que Bernard Tapie fait un scandale. Eh bien, j’ai envie de vous dire qu’une polémique sur un extrait, déjà, ce n’est pas de l’information, mais surtout : l’un comme l’autre sont énervés.
Audrey Pulvar est très loin d’être calme. Elle répond sans hausser le ton, mais distille pas mal de phrases cyniques. Attention, je ne la condamne pas pour autant. Quant à Bernard Tapie, est-ce réellement surprenant ? Il a toujours fait ça.

« Clash », « Combat » ou encore « VS » pour définir cette séquence entre Pulvar et Tapie

J’ai pris le temps de regarder et je n’ai qu’une chose à dire : l’un comme l’autre ont raison, en fait. Ou du moins, ne sont pas illégitimes dans leurs approches. Et, puisque personne ne prend la défense de Bernard Tapie, laissez-moi être l’avocat du diable pour une fois :

« Vous allez me parler d’une affaire pénale qui est en cours […]. Je n’ai pas envie d’en parler » Alors, certes, il ne l’a pas laissé terminer sa question. Mais, il a le droit de refuser de répondre à cette question, d’autant plus que l’interview ne se bornait pas à ça.

« Je ne peux pas avoir de respect pour les gens qui ne font pas la part des choses. Vous êtes des marchands de mauvaises nouvelles. Ça vous emmerde ce que je vous dis ! La seule chose qui vous intéresse c’est le sang, tout ce qui sent mauvais » Là, je suis ouvertement de son avis. Je le sais, c’est mon métier. Lorsque Tapie dit ça, il explique que les médias ont beaucoup parlé des affaires quand elles sortaient, mais jamais quand il était relaxé ou qu’il y avait non-lieu. Et je partage son analyse sur la question des médias : l’information se doit d’être impartiale. On doit informer de tout. Après, on peut aussi donner son avis, mais on doit parler de ce qui « buzz » comme de ce qui n’intéresse pas !

« Votre métier de journaliste […] c’est pour dénoncer des affaires que la police, la justice, ou la politique, ne sortent pas. C’est-à-dire que vous devez aider à ce que les affaires sortent, mais quand elles sont sorties, taisez-vous, laissez faire la justice tranquillement« . Cette phrase, prononcée par Bernard Tapie n’a pas intéressé grand monde. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas en train d’accuser les journalistes, au contraire. Et je la trouve d’une importance capitale. Effectivement, le travail d’un journaliste est de faire sortir les informations, et de les relayer. Mais de les relayer intelligemment et sans distinction.

En d’autres termes, sur cet extrait dont tout le monde parle : je ne crois pas que cela soit choquant. Je crois simplement qu’on en parle parce que ça sort un peu de la monotonie apparente d’une interview classique.

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