Nouvelle pyramide : Fondation Louis Vuitton

Ben quoi ? Vous appelez ça comment, vous, une gigantesque structure portant le nom d’une compagnie appartenant à un homme qui est la 1ère fortune de France et la 10ème mondiale ?
Voilà que Paris – et la France – se dotent d’un nouveau bijou histoire de briller à l’International et d’intéresser les plus rares d’entre nous : les nantis.

Oui, soyons honnêtes deux secondes, cette structure n’est pas adressée à la France d’en bas. Je vous explique et, ensuite, pauvres que nous sommes, nous irons boire un pastaga au troquet du coin.

Fondation Louis Vuitton, joli nom, mais qu’est-ce que c’est ?

Déjà, il faut savoir que, contrairement à son nom, la Fondation Louis Vuitton n’est pas une oeuvre caritative, c’est une fondation d’entreprise. Un espace désormais, un musée dédié officiellement à la Culture. Officiellement ? J’y reviendrai.
Il s’agit également d’une organisation destinée à promouvoir le mécénat du groupe LVMH. Evidemment, pour être à la hauteur de sa société non-moins prestigieuse, il fallait donc du grand, du beau, du chic et du « kibrille ».

Car, même si c’est un musée dédié à la Culture, c’est avant tout une oeuvre d’art de luxe (ou oeuvre luxueuse) dédiée au luxe. Bien entendu, il y aura des expositions, et le lieu est tout de même ouvert aux pauvres. Avec un prix d’entrée allant de 5 à 14 euros, le visiteur pourra venir se cultiver même s’il ne peut se payer qu’un sac Vuitton de contre-façon.

Alors pourquoi je dis que c’est de la fumisterie tout ça ?

Dans l’expression « Fondation Louis Vuitton » se cache « Louis Vuitton »

fondation louis vuitton bernard arnaultMerci Captain Obvious ! Il est entièrement financé par LVMH, c’est donc une propriété privée, financée par un groupe privé et influent. Ne vous y trompez pas, nous sommes en présence d’un bâtiment qui n’est pas dédié à l’Art, mais bien au Luxe.

Plus précisément : au luxe made in LVMH.

L’intérieur utilisé pour les expositions et les oeuvres ne fait que 4.000m², parallèlement, une grande partie (près de la moitié) du bâtiment est occupé par un gigantesque auditorium. Les onze galeries se révèlent étrangement vides quand on les compare à la surcharge visuelle et artistique de l’architecture. A ce stade, on commence à comprendre l’intérêt de Vuitton pour le Mécénat.

Oh, mais je vous rassure tout de suite, on s’intéresse très sincèrement à l’art. « C’est un cadeau à Paris et aux Parisiens », déclare avec complaisance Bernard Arnault en expliquant qu’en 2065, le musée deviendra un musée municipal. En attendant, ce « cadeau » sera à jamais estampillé « Louis Vuitton ».

Et c’est là que « Mes Chinois » interviennent. Paris joue la carte depuis très longtemps de la Culture, du Tourisme et du Luxe. Autrement dit : « Du tourisme de luxe avec un peu de culture ». Ou bien « Du Tourisme qui cultive le luxe ». Et je pourrai continuer encore longtemps comme ça…

Car, et là l’intérêt de LVMH, ce bâtiment doit générer de la curiosité, de la visite et l’idée que Paris reste une capitale de bon goût et de richesse. Côté Municipalité, on a évidemment, un intérêt tout aussi financier.

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