Médicaments trop chers : les gouvernements luttent contre les laboratoires

Si le droit à la santé est censé être totalement universel, un phénomène d’augmentation du prix des traitements est observé dans le monde depuis quelques années. Le problème vient de la stratégie financière des laboratoires pharmaceutiques qui préfèrent travailler sur des molécules très chers permettant de soigner une petite tranche de la population que sur des génériques aux résultats moins innovants mais permettant la prise en charge d’une grande part de la population.

Pour lutter contre ces dérives et rééquilibrer la balance entre les bénéfices des laboratoires qui peuvent atteindre plusieurs millions d’euros par produit et par an, les gouvernements européens tirent la sonnette d’alarme.

Des traitements efficaces certes mais pour plusieurs centaines de milliers d’euros par patient

La technologie médicale et pharmaceutique a fait de réelle progrès ces dernières années.

Un des plus gros succès qui illustre bien le problème de l’augmentation du prix des traitement c’est le médicament qui permet de guérir l’hépatite C dans plus de 90% des cas. Cependant, pour bénéficier de ce traitement Sovaldi il faut débourser la somme de 62 000 euros.

Idem pour le traitement contre le cancer de la peau, Yervoy, qui est très efficace et dont les résultats bluffent encore les patients et les chercheurs. Le seul problème c’est que lui aussi coûte environ 90 000 euros par patient pour un traitement.

Les laboratoires pharmaceutiques raffolent de ce type de produits très ciblés et on comprend pourquoi quand on regarde les chiffres des bénéfices réalisés : Sovaldi a ramené près de 5,7 milliard de dollars sur les six premiers mois de l’année quand à Yervoy c’est 321 millions de dollars réalisé durant les 3 derniers mois. Et les ventes de ces traitements continuent d’augmenter significativement !

Médicaments très chers : la lutte des gouvernements contre les laboratoires

Les traitements trop chers menacent l’égalité des citoyens d’après les gouvernements européens

Le gouvernement Anglais est le premier à réagir en refusant pour la première fois d’homologuer un traitement contre le cancer du sein dont le coût par an serait aux alentours de 112 000 euros. Le ministre de la santé a donc demandé à la compagnie Roche (laboratoire qui vient de sortir ce traitement Kadcyla) de réduire ses prix de 60%.

En attendant les résultats et l’issue de la négociation, il est désormais certain que ce médicament n’entrera pas sur le marché du Royaume Uni.

Cette initiative pourrait bien être suivi par d’autres pays Européens comme la France qui ne trouve pas encore de solution au remboursement de ces traitements par son système de sécurité sociale.

En effet, la SECU prend en charge un pourcentage du traitement pour permettre au plus grand nombre de bénéficier de soin de qualité. Mais si le traitement est trop cher, comment rembourser les français malades sans mettre en danger l’équilibre financier du pays ?

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