Le « reste à charge 0 », ce que ça va changer pour les mutuelles

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le « reste à charge zéro » doit permettre d'ici à 2021 le remboursement intégral de certaines lunettes, prothèses dentaires et auditives, pour améliorer le recours à ces soins onéreux. Si le dispositif est intéressant pour les patients et qu’il instaure une certaine équité sociale face à l’accès aux soins les plus chers, est-ce que cela va changer quelque chose du côté des mutuelles et de leur tarif ? Focus.

Qu’est-ce que le « reste à charge 0 » ?

Cette réforme – qui interviendra via le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019 – va se faire progressivement. A partir du 1er janvier 2019, les assurés vont pouvoir bénéficier de paniers d'offres de mieux en mieux remboursés jusqu'au remboursement total à l'horizon 2021. Un grand pas en avant pour la santé des Français.

Du côte du « reste à charge 0 » pour les soins dentaires, le dispositif a été signé par les principaux syndicats dentaires en juin dernier. Ce plafonnement des prix de la majorité des prothèses dentaires se fait en contrepartie d’une revalorisation des « soins conservateurs » (traitement de caries, détartrage par exemple) et de la création de nouveaux actes. Dans l’ensemble, le gain net pour les dentistes sera à terme supérieur à 230 millions d’euros par an.

C'est sur les audioprothèses que la réforme a le plus de sens, puisque ce sont les équipements médicaux sur lesquels le reste à charge du patient est le plus élevé : 57 %, contre 35 % pour les prothèses dentaires et 24 % pour les lunettes. Le coût moyen est actuellement de 1.500 euros par oreille dont 850 euros à la charge du patient. La mise en place du reste à charge zéro va être progressive : en 2019, il y aura en moyenne pour l'assuré, 200 euros de frais en moins par appareil « 100 % santé », puis 250 euros en moins en 2020. Enfin, en 2021, il n'y aura plus de frais à la charge du patient. De plus, les patients auront le choix entre différents modèles, une autre avancée non négligeable…

Que va-t-il se passer du côté des mutuelles ?

Le gouvernement a assuré qu'il n'était pas question que le reste à charge zéro se traduise par des complémentaires santé plus chères. Les remboursements plus élevés devront tenir dans l'enveloppe des contrats actuels. Des plafonds tarifaires ont été mis en place et il a été décidé d'espacer les renouvellements d'équipement : tous les deux ans pour les lunettes, tous les quatre ans pour les audioprothèses.Toutefois, dans une note publiée avant les ultimes arbitrages, le cabinet de conseil Mercer France estimait que la réforme aurait un impact financier pour les entreprises, via leurs contrats de mutuelle collective. Il pronostiquait une hausse de leurs cotisations de 5,6 % à 8,9 % pour les contrats « entrée de gamme » et de 1,6 % pour les contrats « haut de gamme ».

Aussi, pour les personnes à la recherche d’une nouvelle mutuelle, il est recommandé d’utiliser un comparateur de mutuelles afin de voir clairement, les différentes couvertures proposées mais aussi, la tarification pratiquée.

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